À retenir
Le vice caché est le litige immobilier le plus fréquent au Québec, et le plus mal compris des deux côtés. Un défaut découvert après l’achat n’est pas automatiquement un vice caché, et un vendeur de bonne foi n’est pas automatiquement à l’abri.
Le vendeur doit à l’acheteur une garantie de qualité. Mais pour qu’un défaut ouvre un recours, quatre conditions doivent être réunies en même temps. Si une seule manque, il n’y a pas de vice caché.
| Condition | Ce qu’elle signifie |
|---|---|
| Le vice est caché | Il n’était pas apparent pour un acheteur prudent et diligent qui examine la propriété |
| Le vice est grave | Il rend la propriété impropre à son usage, ou en diminue tellement l’utilité que l’acheteur n’aurait pas acheté, ou aurait payé moins cher |
| Le vice est antérieur à la vente | Sa cause existait avant la transaction, même si les effets sont apparus après |
| Le vice était inconnu de l’acheteur | L’acheteur n’en avait pas été informé et ne pouvait pas raisonnablement le découvrir |
La première condition explique pourquoi l’inspection préachat pèse si lourd. Un acheteur qui a renoncé à faire inspecter aura du mal à soutenir qu’un défaut était indécelable. Voyez ce que couvre réellement une inspection.
Deux délais distincts s’appliquent, et les confondre coûte le recours.
| Étape | Ce qu’il faut faire |
|---|---|
| Dès la découverte | Dénoncer le vice au vendeur par écrit, sans tarder. C’est l’étape que les acheteurs négligent le plus souvent |
| Avant les travaux | Laisser au vendeur la possibilité de constater le vice. Faire réparer avant de dénoncer affaiblit gravement le dossier |
| Pour poursuivre | Le recours se prescrit par trois ans à compter de la découverte du vice |
L’erreur la plus courante
Certaines ventes se concluent sans garantie légale de qualité, aux risques et périls de l’acheteur. C’est courant pour les reprises de finance, les successions et les immeubles dont le propriétaire n’a jamais habité les lieux.
Cette mention change tout : l’acheteur assume les vices, y compris ceux qu’il ne pouvait pas voir. Elle ne protège toutefois pas un vendeur qui aurait sciemment dissimulé un problème connu. La mauvaise foi reste sanctionnée.
Concrètement, si vous achetez sans garantie légale, l’inspection devient plus importante, pas moins, et une réserve financière pour travaux imprévus s’impose. Voyez le fonctionnement des reprises de finance et les déclarations du vendeur.
Un défaut visible lors d’une visite attentive, un défaut d’usure normale compte tenu de l’âge du bâtiment, un problème que l’acheteur connaissait ou qui lui avait été déclaré, et un défaut qui n’est pas assez grave pour rendre la propriété impropre à son usage. L’absence d’une seule des quatre conditions suffit à écarter le recours.
La dénonciation doit être faite par écrit au vendeur sans tarder après la découverte du vice. Il n’existe pas de nombre de jours fixe : ce qui compte est la promptitude compte tenu des circonstances. Le recours judiciaire, lui, se prescrit par trois ans à compter de la découverte.
Non, et c’est une erreur fréquente. Le vendeur doit avoir la possibilité de constater le vice avant que les travaux ne le fassent disparaître. Sauf urgence réelle, dénoncez d’abord par écrit, documentez avec photos et rapport d’expert, puis faites réparer.
Non. Elle écarte la garantie de qualité pour les vices que le vendeur ignorait, mais elle ne couvre pas la dissimulation volontaire. Un vendeur qui connaissait un problème grave et l’a tu reste exposé, même avec cette mention au contrat.
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