À retenir
Un immeuble à revenus ne s’évalue pas comme une maison. Ce n’est pas le quartier ou la cuisine qui déterminent le prix, ce sont les chiffres. Encore faut-il savoir lesquels regarder, et lesquels se laissent facilement embellir.
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Sa limite |
|---|---|---|
| Revenu net d’exploitation (RNE) | Les revenus bruts moins les dépenses d’exploitation, avant le financement | Ne dit rien de votre hypothèque ni de vos liquidités |
| Multiplicateur du revenu brut (MRB) | Le prix divisé par les revenus bruts annuels | Ignore complètement les dépenses : deux immeubles au même MRB peuvent être très différents |
| Taux global d’actualisation (TGA) | Le RNE divisé par le prix payé | Le plus utile des trois, mais sensible à la qualité des chiffres fournis |
| Liquidités (cashflow) | Ce qui reste en poche après toutes les dépenses et le paiement hypothécaire | Le seul qui vous dit si l’immeuble se paie tout seul |
Le multiplicateur du revenu brut circule beaucoup parce qu’il est simple : un prix, des revenus, une division. C’est précisément sa faiblesse. Deux immeubles affichant le même MRB peuvent avoir des dépenses radicalement différentes, l’un chauffé aux frais du propriétaire, l’autre non.
Les revenus annoncés sont vérifiables : ils figurent aux baux. Les dépenses, elles, sont présentées par le vendeur, et c’est là que se logent les écarts.
| Dépense | Piège fréquent |
|---|---|
| Taxes municipales et scolaires | Elles montent après une transaction si l’évaluation suit le prix payé |
| Assurances | Un immeuble locatif coûte plus cher à assurer qu’une résidence |
| Énergie | Vérifiez ce qui est au compte du propriétaire et ce qui est au compte des locataires |
| Entretien et réparations | Sous-estimé dans presque tous les documents de vente |
| Gestion | Même si vous gérez vous-même, votre temps a une valeur |
| Vacance et mauvaises créances | Rarement inscrit, systématiquement réel |
La règle utile : reconstruisez vous-même le tableau des dépenses à partir des factures réelles, pas du sommaire fourni. Demandez les comptes de taxes, les polices d’assurance et les factures d’énergie des deux dernières années.
Trois documents pèsent plus que tous les calculs de rendement.
Et si l’immeuble est une reprise de finance, il se vend habituellement sans garantie légale, ce qui déplace tout le risque de vices vers vous.
Pour la partie financement, voyez ce que couvre réellement une préapprobation.
Il n’existe pas de chiffre universel : le rendement acceptable dépend du secteur, du type d’immeuble, de l’effet de levier et de votre horizon. Un immeuble bien situé se vendra à un rendement plus faible qu’un immeuble en périphérie, précisément parce que le risque y est moindre. Comparez toujours à des transactions récentes du même secteur.
Le multiplicateur du revenu brut divise le prix par les revenus bruts : il ignore totalement les dépenses. Le taux global d’actualisation divise le revenu net d’exploitation par le prix : il tient compte des dépenses d’exploitation, mais pas du financement. Le TGA est nettement plus fiable, à condition que les dépenses déclarées soient exactes.
Oui. Au Québec, l’acheteur d’un immeuble locatif est lié par les baux en cours et le locataire conserve tous ses droits. Vous achetez donc les loyers actuels, pas ceux que vous comptez appliquer. Vérifiez le registre des loyers et l’historique des modifications avant de faire une offre.
L’entretien et les réparations, ainsi que la provision pour vacance et mauvaises créances, qui n’apparaissent presque jamais dans les sommaires fournis par le vendeur. Reconstituez le tableau à partir des factures réelles des deux dernières années plutôt que du document de mise en marché.
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